Mis à jour le lundi 16 avril 2012 08:43 En période de crue

Conformément au décret n° 2005-1157 du 13 septembre 2005, pris en application de l’article 14 de la loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 et au décret n° 2007-1735 du 11 décembre 2007 relatif à la sécurité et à la sûreté des ouvrages hydrauliques, le SYMADREM a mis en place une organisation de la gestion de ses ouvrages en période de crue dénommé Plan de Gestion des Ouvrages en Période de Crues (P.G.O.P.C.) qui a été approuvé par délibération du 21 février 2008.

Ce Plan de Gestion des Ouvrages en Période de Crue constitue la « description de l’organisation mise en place pour assurer l’exploitation et la surveillance de l’ouvrage en toutes circonstances, … ainsi que celles concernant son exploitation en période de crue ;… ». Cette organisation est prévue par le décret n° 2007-1735 du 11 décembre 2007 relatif à la sécurité et à la sûreté des ouvrages hydrauliques.

En ce qui concerne les ouvrages de protection contre les incursions marines, pour la gestion de ces ouvrages en période de tempêtes, un Plan de Gestion des Ouvrages Mer (P.G.O.M.) est en cours d’élaboration.

Principes du PGOPC

Eut égard à leur configuration et à leur composition intrinsèque, les digues de protection contre les inondations du Rhône, qui ont été construites dans les années 1840 / 1860, dès qu’elles sont sollicitées par les eaux du fleuve, comportent une probabilité de désordres qui s’amplifie avec l’augmentation du débit et la durée de la crue.

Cette probabilité demeure à la décrue, jusqu’au ressuyage complet du corps de digue.

Dans ces conditions, en période de crues, tout désordre qui n’est pas détecté rapidement et traité immédiatement, peut s’aggraver rapidement et entraîner la rupture de l’ouvrage et l’inondation.

Il est donc essentiel de mettre en place une surveillance linéaire des ouvrages dans le but de détecter les désordres engendrés par la crue, dès leur origine, de les traiter immédiatement par l’intervention en urgence d’entreprises de travaux publics, afin d’éviter toute aggravation du phénomène qui, sans cela, pourrait entraîner une rupture et une inondation.

Ces principes ont été mis en œuvre sur le territoire de la commune d’Arles, dès 1995.

Dès sa création en 1999, le SYMADREM a repris à son compte cette organisation.

Lors de son extension en rive droite, en 2005, cette organisation a été étendue à tous les ouvrages de protection contre les inondations du delta du Rhône.

Au cours des crues importantes de septembre et novembre 2002, décembre 2003, cette organisation a permis d’éviter des ruptures de digues, la formation de brèches et des inondations.

Des montants de dommages importants ont ainsi été évités, qui se seraient ajouter à ceux des quartiers Nord d’Arles, inondés en décembre 2003. La prévention des inondations permet des économies substantielles.

Face au fleuve Rhône qui demeure imprévisible et dangereux, il est nécessaire de mettre en œuvre un dispositif conséquent pour éviter les ruptures d’ouvrages, les brèches et les inondations.

Le Plan de Gestion des Ouvrages en Période de Crues (PGOPC) comporte un dispositif gradué de surveillance des ouvrages et d’interventions d’urgence en cas de désordres générés par la crue.

Ce Plan de Gestion des Ouvrages en Période de Crues est dirigé par le Directeur Général du SYMADREM, dénommé Directeur des opérations.

Quatre niveaux d’alerte, fonction du débit du Rhône à l’aval de Beaucaire /Tarascon, sont prévus, à savoir :

  • Pré-alerte :3 850m3/s
  • Alerte 1 : 4 700m3/s
  • Alerte 2 : 6 000m3/s
  • Alerte 3 ou alerte renforcée : 8 000m3/s

 

Pour la pré-alerte et l’alerte 1

Les ouvrages du SYMADREM n’étant pas directement sollicités par les eaux du Rhône, excepté des points particuliers de fragilité tels que l’absence de ségonal ou des anciennes brèches, la surveillance des ouvrages est assurée par les gardes digues du SYMADREM et les travaux de réparation des désordres sont exécutés dans le cadre des travaux d’entretien courant des ouvrages.

Pour l’alerte 2 et 3

Les ouvrages du SYMADREM sont sollicités par les eaux du Rhône, en conséquence, une surveillance linéaire et continue des ouvrages est nécessaire, pour détecter, dès son origine, tout désordre généré par la crue et procéder, le cas échéant à des travaux d’interventions d’urgence.

Cette surveillance linéaire des ouvrages est assurée par des équipes d’agents ou de volontaires de réserves communales de sécurité civile, des communes riveraines du Rhône, membres du SYMADREM.

Ces équipes de surveillance sont dirigées via le poste de commandement installé au SYMADREM. Ces équipes se répartissent sur 45 secteurs de surveillance. La surveillance linéaire des ouvrages mobilise une centaine de personnes.

Dès qu’un désordre est détecté par une équipe de surveillance, une évaluation de la gravité du désordre est faite par le garde digue du SYMADREM en relation avec le poste de commandement de la surveillance des ouvrages.

Le directeur des opérations, sur le lieu du désordre passe commande, en tant que de besoins, à l’entreprise titulaire du marché d’interventions d’urgence, l’exécution des travaux nécessaires au traitement du désordre.

En état d’alerte 2, la surveillance linéaire des ouvrages est exécutée de jour.

En état d’alerte 3 ou alerte renforcée, la surveillance linéaire des ouvrages est exécutée 24h sur 24.

Le plan de gestion ; en plus des consignes de surveillance et d’intervention; prévoit les dispositions suivantes :

  • Prévision de débits et information
    Le poste de commandement (PC) de surveillance des ouvrages est connecté au site du Service de Prévision de Crues du Grand Delta (SPC GD). Ce site permet d’avoir accès aux données des stations limnimétriques du Rhône et de ses affluents mais aussi à la prévision des débits. Au sein du PC de surveillance, un poste Correspondant Débits a été créé. Il réalise régulièrement le relevé des débits et informe le poste de commandement de la prévision annoncée par le SPC.
  • Réalisation d’exercices de simulation
    Afin de tester la mise en œuvre du PGOPC « en vrai grandeur » et conformément à la réglementation, trois exercices de simulation ont été exécutés fin 2008 début 2009, il est prévu de renouveler ces exercices au cours des années suivantes.La crue de février 2009 qui a entrainé le déclenchement de l’alerte 2 et la mise en œuvre de la surveillance diurne des ouvrages, a également permis de tester l’organisation générale du PGOPC.
    A ce jour, le SYMADREM a lancé une étude de « sécurisation du Plan de Gestion des Ouvrages en Période de Crues » afin d’apporter des améliorations dans sa mise en œuvre et dans son fonctionnement. En effet, la sécurisation du PGOPC doit permettre notamment à celui-ci de continuer à être opérant en situation dégradée.

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