Les trois crues majeures du Rhône en 2002 et 2003 ont été le théâtre de ruptures de digues catastrophiques provoquant de lourdes pertes en vies humaines et des dégâts de l’ordre du milliard d’euros
La Camargue a été marquée ces dernières décennies par des crues importantes : Celle de 1993 survenue après une période de sécheresse prononcée, provoquée par de très fortes intempéries qui ont alimentées l’ensemble du bassin et celles de janvier 1994. Les deux crues majeures du Rhône en 2002 et 2003 ont été le théâtre de rupture de digues catastrophiques provoquant de lourdes pertes et des dégâts de l’ordre du milliard d’euros. Sur le cours aval du Rhône, la crue de 2003 a été la troisième en termes de gravité après celles de 1856 et 1840, si l’on se fonde sur le classement des crues établi après 1840.
Ces événements sont venus d’une part raviver la conscience du danger de crues et rappeler les limites des protections et d’autre part accélérer la demande publique en faveur d’une politique globale de prévention du risque inondation. Les Présidents des trois Régions Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Languedoc-Roussillon ont relayé cette demande à travers l’appel du grand delta de mars 2004 et leur volonté de considérer la gestion du Rhône comme un projet interrégional d’envergure européenne, nécessitant la mise en œuvre d’une politique de prévention des crues cohérente et solidaire sur l’ensemble du bassin rhodanien.
L’élaboration et la mise en œuvre en ont été confiées au préfet coordonnateur de bassin par arrêté du premier ministre du 21 janvier 2004.
Le travail conduit sous la responsabilité du comité de pilotage sur les inondations, associant l’état et les principales collectivités concernées, a permis de définir les principes directeurs d’une stratégie propre à ce domaine.
Axée sur des principes de solidarité face aux crues et de choix d’aménagement du territoire, la stratégie globale de prévention des inondations repose sur une meilleure protection et aussi sur le développement d’une culture du risque partagée par tous.
Cette stratégie, même si elle s’inscrit dans la poursuite de l’aménagement du Rhône elle innove par certains côtés. Elle vise à la fois la réduction de l’aléa et de la vulnérabilité et veut redonner au fleuve plus d’espace de liberté en préservant ses richesses écologiques.
Ce schéma de gestion des inondations du Rhône aval (de Viviers à la mer) est la déclinaison territoriale des grands principes du volet inondation du Plan Rhône :
- Réduire les inondations en agissant sur l’aléa
- Réduire la vulnérabilité en agissant sur les enjeux
- Savoir mieux vivre avec le risque en développant la connaissance et la culture du risque.
Cette stratégie de prévention contre les inondations du Rhône a été validée en juillet 2005 par le Comité Interministériel à l’Aménagement et au Développement du Territoire (CIADT), elle est fondatrice du Plan Rhône et en constitue son volet inondation.
Sur le Rhône aval, la stratégie générale du volet inondation du plan Rhône peut se décliner ainsi :
- Eviter les ruptures de digues,
- Assurer une protection élevée pour les secteurs les plus sensibles,
- Ajuster le niveau de protection entre Beaucaire et Arles en fonction du débit capable dans la traversée d’Arles,
- Sur le petit et grand Rhône, ajuster le niveau de protection pour limiter au maximum les risques de rupture et tendre vers une protection centennale au droit des agglomérations et si possible pour la majorité des secteurs d’habitat diffus,
- Optimiser la gestion des zones d’expansion des crues entre Montélimar et Beaucaire pour chercher à réduire les débits de pointe pour les crues dommageables pour les secteurs les plus sensibles,
- Gérer le comportement du système endigué pour les crues entre le débit de protection et la crue millénale : c'est-à-dire organiser le devenir des débits excédentaires sans risque de rupture de digue et en assurant le ressuyage rapide des terres inondées.
Le 6 mars 2006, le Plan Rhône, conçu comme un projet global de développement durable par l’ensemble des partenaires a été approuvé par le Comité Interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des Territoires (CIACT).
Le Plan Rhône, s’organise autour de six volets thématiques :
- Volet Patrimoine et culture
- Volet inondation
- Volet qualité des eaux, ressources et biodiversité
- Volet énergie
- Volet transport fluvial
- Volet tourisme
Le Plan Rhône est aussi une gestion concertée du fleuve à travers une démarche globale, de partage des connaissances et d’expériences sur le fleuve, ses cultures et ses pratiques. Il est aussi via les Comité Territoriaux de Concertation (CTC) un lieu de débats et de concertation.
Le Plan Rhône est un document d’objectifs et de projet, ses moyens financiers ont été contractualisés à travers le Contrat de Projets Interrégional Plan Rhône (CPIER) signé le 21 mars 2007 entre l’Etat, les Régions Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Rhône-Alpes, Bourgogne, Franche-Comté, la Compagnie Nationale du Rhône, l’Agence de l’eau, l’ADEME et Voies Navigables de France.
Pour la période 2007 – 2013, le CPIER formalise les engagements financiers de chaque partenaire signataire, soit plus de 600 millions d’euros pour un coût global des opérations estimé à plus de 800 M€, dont plus du tiers sur le volet inondation (soit 300 M€) :
| Etat | 228 M € |
|---|---|
| Conseil Régional Provence Alpes Côte d'Azur | 77 M € |
| Région Languedoc Roussillon | 57 M € |
| Région Rhône-Alpes | 51 M € |
| Région Bourgogne | 13 M € |
| Région Franche-Comté | 2 M € |
| Compagnie Nationale du Rhône | 185 M € |
A cela s’ajoute le Programme Opérationnel Pluiri-régional FEDER de 33,8 M€ consacré au volet inondation.
Le volet inondation mis en œuvre en aval de Beaucaire, se monte en investissements prévu sur la période 2007-2013 à 182 millions d’euros (pour un montant total du volet inondation de 310 millions d’euros), dont 90 % des investissements seront réalisés par le SYMADREM.

